Année de la Physique : en Guyane aussi !

« Laissez la Recherche vous surprendre » est le slogan choisi pour promouvoir l’Année de la Physique, un évènement conçu en coopération entre le CNRS et le ministère de l’Education nationale pour développer l’intérêt du public scolaire envers cette thématique. De nombreuses ressources sont produites et disponibles en ligne sur le site internet dédié.

En Guyane, le rectorat s’est rapproché du CNRS au sein du LEEISA pour déployer régionalement cet évènement. Trois actions seront mises en œuvre entre les mois de février et juin 2024. Découvrez-les sur le site de l’Année de la Physique :

La visite du ponton instrumenté du laboratoire LEEISA : Découverte par les lycéennes et lycéens des recherches en cours sur l’évolution du trait côtier, et des métiers associés [programmée le 9 avril 2023].

La visite de la Station de recherche de l’ouest guyanais : Découverte par les lycéennes et lycéens des recherches en cours sur l’évolution du trait côtier, et des métiers associés.

La découverte de la dynamique des sédiments côtiers : Formation des enseignants à la recherche portant sur l’évolution du trait côtier avec les chercheurs du laboratoire LEEISA [en partenariat avec la Maison pour la Science de l’Université de Guyane : programmé les 26-27 mars à Kourou et 17-18 avril à Awala-Yalimapo]

Lancement du living lab « Magellan » : pour des solutions fondées sur la nature en mangroves

La Guyane française, située dans le nord de l’Amérique du sud, est soumise au régime de dispersion sédimentaire du fleuve Amazone dont l’embouchure est située au Brésil, environ 700 km plus au sud. Sur ses 320 kilomètres de côtes s’étendent de larges bancs de vase qui sont un substrat idéal pour le développement massif des mangroves. Leur surface y occupe de 500 à 700 km2 suivant les cycles d’envasement.

L’impact de ces « forêts dans la mer » est considérable sur la vie des guyanais : modes de vie, socio-économie, culture et représentations. Outre leur impact sur l’aménagement côtier, elles ont un rôle clé au niveau des écosystèmes, qui s’étend des réseaux trophiques aux bilans carbone.

Un laboratoire vivant pensé autour de solutions fondées sur la nature

Dans ce contexte, le projet Magellan est pensé autour de solutions fondées sur la nature. Il a pour ambition d’utiliser la vitalité des forêts de mangroves pour répondre à des défis socio-environnementaux en Guyane française. Pour cela il va réunir sur des terrains de recherche tous les acteurs impliqués pour qu’ils apprennent et construisent ensemble ces solutions. Les enjeux sont de trois ordres :
– Anticiper la vulnérabilité physique du littoral,
– Anticiper la vulnérabilité écologique et biologique,
– Anticiper les changements dans la santé des mangroves et des populations humaines.

Le projet va avancer en impliquant les différents partenaires dans des groupes de travail coordonnés par une association locale engagée sur l’interface entre la science et la société (association Muntu Gwiyann). Les actions consisteront par exemple en la publication de bulletins d’information sur le suivi du littoral, la contribution aux plans de gestion des réserves naturelles, une modélisation des scénarios d’usage des mangroves ou encore l’évaluation des risques sanitaires liés aux insectes vecteurs de maladies ou d’inconfort ou la qualité des eaux.

Un rayon de 15 km autour de Cayenne

Pour faciliter l’opérabilité, le projet Magellan se concentre sur un rayon de 15 km autour de l’agglomération urbanisée de Cayenne. Les communes concernées sont Cayenne, Matoury, Montsinery-Tonnegrande, Rémire-Montjoly et Roura. Cet ensemble contient une superficie d’un peu plus de 10 km2 de mangroves, environ 12% de la mangrove guyanaise. Elle réunit une diversité des types fonctionnels de mangrove d’amont en aval des rivières et fleuves, avec des hauteurs pouvant atteindre 45 mètres, en bonne santé mais déjà sous surveillance concernant des invasions de chenilles, la mortalité des huîtres ou l’augmentation globale de la température des eaux.

Une diversité d’acteurs, engagés du montage de projet à la conception des solutions

Cette aire entre dans le périmètre d’intérêt d’acteurs tels que les Réserves naturelles du Grand Matoury et de Kaw-Roura, le Conservatoire du littoral, les scientifiques impliqués dans le programme FEAMP MESH, les suivis hydro-sédimentaires, les inventaires forestiers.

Tous ces acteurs se retrouveront au sein du projet, dans ses phases de montage et pilotage, sur le terrain et dans la conception des solutions. Cette synergie produira une montée en compétence collective au niveau régional sur le sujet des « SfN », les Solutions fondées sur la Nature.

Vue de mangroves à la Pointe Béhague, Guyane Française, 2006, photo © Christophe Proisy.
Mangrove érodée sur une plage près de Cayenne en 2022, photo © Christophe Proisy.

Inauguration de la station de recherche de l’ouest guyanais

L’inauguration s’est déroulée en présence d’environ 80 personnes et en alliant protocoles coutumier et républicain.

Des officiels, services de l’Etat et élus, le préfet Antoine Poussier et l’ambassadeur de France au Surinam et Guyana Nicolas de Lacoste, le maire d’Awala-Yalimapo Jean-Paul Fereira, premier vice-président de la Collectivité territoriale de Guyane et vice-président de la Communauté de Communes de l’Ouest guyanais, des financeurs tels que l’OFB, le CNES, l’Office de l’Eau et la Fondation EDF, des représentants de la maîtrise d’ouvrage CNRS ainsi que des entrepreneurs intervenus sur le chantier, divers partenaires de recherche et d’études de l’environnement, des lycéens de l’ouest guyane se sont joints à la délégation  CNRS Ecologie & Environnement ayant fait le déplacement depuis Paris, menée par son directeur Stéphane Blanc, pour célébrer l’évènement.

Coconstruire des questions de recherche sur le continuum terre-mer en Guyane

Dans son discours, Stéphane Blanc a souligné l’intérêt de localisation de la station dans une région témoignant d’une biodiversité parmi les plus riches de Guyane, où se posent des questions de recherche pluridisciplinaires dans un contexte de besoins grandissants d’une population en expansion. Il a également rappelé l’aspect unique de l’écosystème côtier de Guyane, sa dynamique, la forte valeur patrimoniale et socio-économique de la mangrove et les impacts des changements climatiques, citant Awala-Yalimapo comme un lieu emblématique de la vulnérabilité littorale. Il a mis en avant l’importance de la coconstruction d’une recherche sur le continuum terre-mer guyanais et du besoin de transdisciplinarité à cette échelle, incluant parties-prenantes et acteurs territoriaux dans la quête de solutions. Remerciant les nombreux acteurs et financeurs qui ont permis de concrétiser le projet d’installation du CNRS dans l’ouest Guyane, il a positionné la station dans une stratégie scientifique globale pour la Guyane développée au travers d’infrastructures fédératives de recherche comme les Zones ateliers.

Cette inauguration se plaçait elle-même dans un contexte de semaine évènementielle scientifique qui a mobilisé une partie de tous ces acteurs.

Une partie des promoteurs et financeurs du projet de station de recherche de l’ouest guyanais étaient présents à l’inauguration : ici de gauche à droite, M. Patrick Lecante, président du Comité de l’Eau et de la Biodiversité de Guyane ; M. Stéphane Blanc, directeur CNRS Ecologie & Environnement ; M. Jean-Paul Fereira, maire d’Awala-Yalimapo ; M. Antoine Poussier, préfet de la région Guyane. Photo : © Université de Guyane, Loane Bade

L’inauguration de la station au cœur d’une intense semaine scientifique

Cette intense semaine s’est ouverte le lundi 9 octobre par une réunion de prospective scientifique tenue à la Collectivité Territoriale de Guyane à Cayenne. Le but de cet exercice était d’amorcer la coconstruction d’un futur de la recherche dans l’ouest Guyane à l’écoute des préoccupations locales et du souhait d’engagement des acteurs territoriaux pour l’acquisition de connaissances dans un contexte de développement régional particulièrement dynamique. La nouvelle station, inaugurée le mardi à Awala-Yalimapo, est un ancrage fort de cette volonté de décloisonnement, qui va consolider encore davantage l’apport de connaissances sur les socio-écosystèmes littoraux et côtiers de Guyane.

Au lendemain de l’inauguration, les mercredi 11 et jeudi 12 octobre, se sont tenues à l’Université de Guyane à Cayenne les journées annuelles du LabEx CEBA. Près de 200 personnes étaient réunies lors de ces deux journées d’évènement qui font chaque année le point sur les programmes en cours financés par le dispositif d’investissement d’avenir « Laboratoire d’Excellence » et sur les enjeux de recherche autour de la biodiversité amazonienne.
+ Présentation du LabEx CEBA

La semaine s’est cloturée sur la commune de Montsinery par une journée de présentation et de lancement de deux nouveaux dispositifs scientifiques très inclusifs au niveau du territoire : une « Zone atelier » et un « Laboratoire Vivant ».

La Zone atelier est une infrastructure conceptuelle du CNRS pour engager un ensemble d’acteurs autour d’enjeux liés aux trajectoires des socio-écosystèmes en lien avec leur anthropisation croissante, fait particulièrement sensible en Guyane sur les franges littorales.
+ Présentation des Zones ateliers du CNRS

Le « Laboratoire Vivant » (Living Lab i.e.), nommé Magellan, est membre du réseau national des living-labs sur les solutions fondées sur la Nature du programme Solu-BioD. Centré sur la vaste zone urbanisée figurée géographiquement comme « l’Ile de Cayenne » (entre la rivière de Cayenne et le fleuve Mahury), il est dédié à l’étude du socio-écosystème de mangrove et l’évaluation de solutions systémiques à l’échelle du territoire, qui promeuvent une co-construction entre scientifiques et parties-prenantes.

Solu-BioD est un programme national labellisé « Programme et Equipement prioritaire de recherche » (PEPR) financé par les investissements compétitifs France 2030. La mise en réseau national des 11 Living labs (dont celui de Guyane) est l’une de ses actions.
+ Présentation du programme Solu-BioD et ses Living Labs
+ Site web Solu-BioD

La journée de lancement des dispositifs de Zone atelier et de Living Lab à Montsinery s’est tenue dans la grande salle de réunion de la mairie, à l’invitation du maire de la commune, M. Patrick Lecante, président du Comité de l’Eau et de la Biodiversité de Guyane.

Medias disponibles

Kam Radio / Média de l’ouest Guyane

+ Vidéo Facebook 1, accueil au son du sanpula kali’na avec le groupe Palana Bonon

+ Vidéo Facebook 2, découpe du ruban

+ Vidéo Facebook 3, focus sur le patrimoine musical d’Awala-Yalimapo

+ Vidéo Facebook 4, avec les interviews de Jean-Paul Fereira, maire d’Awala-Yalimapo, Laurent Linguet, président de l’Université de Guyane, Mathieu Entraygues, délégué territorial de l’OFB

Guyane la Première

+ TV Journal 13h en Guyane : Émission du lundi 09 octobre 2023 (00:07:18 à 00:08:35, avec ITV d’Agathe Euzen, DSA CNRS Ecologie & Environnement)

+ TV Journal Guyane soir : Émission du lundi 09 octobre 2023 (00:10:12 à 00:13:50, avec ITV de Damien Chevallier, expert CNRS des Tortues marines, UMR Borea)

+ TV Journal Guyane soir : Émission du mardi 10 octobre 2023 (00:17:23 à 00:19:45, avec ITV de Marianne Palisse, anthropologue, Enseignante-chercheuse UAR LEEISA et de Mathieu Entraygues, délégué territorial de l’OFB, financeur de la station)

+ Radio Journal de 13h – Guyane du lundi 09 octobre 2023 (00:07:16 à 00:08:30, avec ITV d’Agathe Euzen, DSA CNRS Ecologie & Environnement)

+ Radio Journal de 13h – Guyane du mardi 10 octobre 2023 (00:02:20 à 03:52)

+ Radio Journal de 7h – Guyane du lundi 09 octobre 2023 (00:10:35 à 00:14:10, avec ITV de Stéphane Blanc, Directeur scientifique CNRS Ecologie & Environnement)

Divers en ligne

+ Article en ligne sur Outremer 360°

+ La station de recherche de l’ouest guyanais implantée à Yalimapo, article du site web Guyane Première

+ Construire la recherche ensemble : article institutionnel du CNRS

+ [Recherche – Innovation] Matinée de prospective à la CTG sur le développement de la recherche scientifique dans l’Ouest, sur le site de la CTG

+ L’Université de Guyane participe à la semaine de la Recherche : article de la rubrique Actualités du site web de l’Université de Guyane

+ Inauguration de la Station de Recherche de l’Ouest Guyanais : article en ligne sur le site de l’OFB Office français de la Biodiversité

+ d’information sur la Station de recherche de l’Ouest guyanais

+ Page dédiée sur ce site web

+ Construire la recherche ensemble : article institutionnel du CNRS sur la station

La station de recherche de l’ouest guyanais le 18 juillet 2023

Changement climatique en Guyane : quels impacts ?

Rapport GuyaClimat du BRGM

Le changement climatique a des conséquences sur l’ensemble des facteurs physiques climatiques dans le monde. La Guyane n’échappe pas à ce phénomène et plusieurs interrogations demeurent sur la quantification de ces changements à l’échelle du territoire. Dans ce contexte, le projet Guyaclimat vise à caractériser l’impact du changement climatique à l’échelle de la Guyane sur différents paramètres physique.

+ Télécharger le rapport Guyaclimat depuis la base InfoTerre du BRGM

+ Replay du Café des Sciences « GuyaClimat » du 20 octobre 2022 à Cayenne

Les cahiers de l’adaptation au changement climatique sur le plateau des Guyanes, de la Fondation de l’Université de Guyane

+ Projet GfClim : Gestion forestière et changements climatiques en Guyane française

Les conditions climatiques sont en train d’évoluer sur le plateau des Guyanes. Attendons-nous à une augmentation des températures et à des variations extrêmes de pluviométrie dans nos contrées, du surplus au déficit, des pluies diluviennes à l’intensification des épisodes secs. Plus intenses et plus fréquents, ces évènements dépassent les moyennes historiques ainsi que la variabilité naturelle du climat. Que va devenir la forêt tropicale humide dans ces conditions? [Lire la suite de l’éditorial dans le cahier de l’adaptation n°1]

+ Ecomatériaux et besoins en construction durable

La Guyane présente un cas atypique dans l’ensemble Français : une population jeune et en forte croissance, une importation massive d’aliments pour se nourrir et de matériaux pour l’habitat, avec un bilan carbone désastreux, et une forêt puissante. Les arbres de cette forêt renferment en effet la moitié du stock de carbone de la forêt française dans leur bois. Mais avec le changement climatique en cours, la forêt guyanaise pourrait à l’avenir ne plus assurer son rôle de puits de carbone [… Lire la suite de l’éditorial de Bernard Thibaut, Directeur de recherche émérite au CNRS et Membre de l’Académie d’Agriculture de France dans le Cahier de l’adaptation n°4]

La chronique est réalisée par Timothée Poupelin, chargé de partenariat à l’IRD et de médiation scientifique interorganismes.
+ Ecouter la chronique sur Youtube :

Visite en Guyane de la ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur

En embarquant sur les moyens en mer du LEEISA et de l’IRD avec les chercheurs de l’équipe EDYLIC, la ministre a pu découvrir les enjeux de la mangrove guyanaise et son rôle de nurserie et nourricerie pour les espèces halieutiques, ainsi les spécificités du littoral sous influence de l’Amazone.

Elle s’est également rendu à Awala-Yalimapo pour visiter la nouvelle station de recherche de l’ouest guyanais, tout juste livrée la veille, le 15 décembre 2022. Elle a mis l’accent lors de ce déplacement sur l’importance des sciences participatives et d’une recherche qui répond aux attentes et besoins du territoire guyanais, par le développement des sciences humaines et sociales et la formation des jeunes.

Lors de son séjour, Sylvie Retailleau a également annoncé la mise en place d’une fond spécifique de 15 millions d’euros pour renforcer la connaissance scientifique des environnements ultra-marins.

Sylvie Retailleau, ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, à bord du navire Ayawande pour une découverte de l’estuaire du Mahury le 15 décembre 2022.
La ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur visite la station de recherche de l’ouest Guyanais à Awala-Yalimapo le 16 décembre 2022.
La ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur visite la station de recherche de l’ouest Guyanais à Awala-Yalimapo le 16 décembre 2022.

+ Fiche presse de la visite de l’estuaire du Mahury le 15 décembre

+ Fiche presse de la visite de la station de recherche de l’Ouest guyanais le 16 décembre

+ Dans la presse : Recherche : le ministère crée un fonds spécifique aux Outre-mer, Guyaweb, 16/12/2022