Vivre sur une côte changeante…

26 octobre 2022 par Administrateur
Un article est paru récemment, où les chercheurs examinent comment les populations de la Guyane française ont, depuis la période de colonisation jusqu’à aujourd’hui, habité la côte de Guyane. Un travail qui amène une réflexion sur les mobilités et l'adaptabilité, au moment où le changement global est susceptible d’apporter des transformations rapides des espaces littoraux.
Quartier de l’Anse à Kourou en 2015. De petits sacs de sables sont positionnés contre les palissades pour tenter de protéger les maisons de la submersion à marée montante.

Cette étude a réunit dans une approche interdisciplinaire des historiens, des géographes, des géomorphologistes, des écologistes et des anthropologues. Ensemble, ils se sont intéressés aux cheniers, ces cordons sableux qui bordent le littoral, et qui sont soumis à des changements intenses — colonisation et destruction de l’écosystème de mangrove, érosion, modification des estuaires, avec toutes les conséquences qui en découlent sur les conditions de vie et l’accès aux ressources naturelles.

Trois zones d’études contrastées ont été considérées : le village amérindien Kali’na d’Awala-Yalimapo situé sur l’estuaire Maroni, les savanes entre Sinnamary et Iracoubo où la paysannerie créole a prospéré après la colonisation et dans l’histoire plus récente, et enfin, le cas particulier de la ville de Kourou, construit à partir des années 60 près de la mer pour accueillir les ingénieurs et techniciens du centre spatial guyanais.

L’étude met en regard deux façons de faire : d’une part, les manières traditionnelles d’habiter le littoral des populations amérindiennes et créoles, basées sur l’appropriation collective de la terre, et qui peuvent être décrites comme des approches de développement légères, et de l’autre la manière dont Kourou a été construite avec un rapport à la mer largement importé de France métropolitaine, à l’époque des années 60 et à l’heure où la propriété privée est devenue la norme en Guyane française.

Au moment où le changement global est susceptible d’apporter des transformations rapides des paysages, et où nous nous demandons tous comment habiter, dans le présent et le futur, le littoral, cet article peut être une source précieuse de réflexion.

+ Lien vers l’article sur le site de l’éditeur
+ Lien pdf par researchgate

Vue aérienne du littoral d’Awala-Yalimapo en septembre 2018

+ Référence de l'article : Palisse, M., Collomb, G., Lamaison, D. et al. Living on an ever-changing coast: French Guiana populations facing coastal mobility. GeoJournal (2022). https://doi.org/10.1007/s10708-022-10694-5

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