CNRS : passage de la FROM en Guyane

17 May 2024 par Administrateur
Une délégation de hauts-cadres du CNRS était en Guyane du 14 au 17 mai afin de présenter la feuille de route outre-mer de l'établissement.

Alain Schuhl, directeur général délégué à la science du CNRS, Anne Renault, chargée de mission outre-mer auprès de la direction et Alain Mermet, directeur Europe et International sont venus lors de ces trois jours à la rencontre des divers représentants de la communauté régionale de la recherche et de l’enseignement supérieur afin de présenter la nouvelle ambition stratégique de l’établissement vis-à-vis des territoires ultramarins.

Anne Renault, chargée de mission outre-mer auprès de la direction du CNRS, présente la feuille de route outre-mer de l’établissement sur le campus de Montabo à Cayenne le 15 mai 2024.

La Guyane était la dernière étape de la tournée de visite de la délégation, mais pas pour autant la moins importante. Les enjeux de coopération transfrontalière, avec le Brésil notamment, sont localement au cœur de cette feuille de route qui vient dessiner un futur pour la recherche française depuis les positions géographiques avancées permises par les territoires ultramarins. Sur cet aspect, Alain Mermet a rappelé les opportunités des dynamiques internationales actuelles, avec la création récente d’un centre de recherche dédié à l’Université de São Paulo ou encore les possibilités de financement offertes par l’Union européenne pour les collaborations avec les Etats-tiers.

La question de la recherche scientifique outremer est devenue pour le CNRS un sujet d’ordre national. L’établissement opère en effet des dispositifs et salarie des personnels dans l’ensemble des territoires ultramarins français. Cette force entend accompagner le développement régional souhaité par les collectivités, en se positionnant, d’une part, sur l’avancée des connaissances sur de grands enjeux identifiés localement, et d’autre part, sur la construction de dispositifs scientifiques dans une réflexion commune avec les universités qui y sont implantées. L’obtention récente, par l’Université de Guyane, d’un financement du quatrième programme d’investissements d’avenir – qui va permettre le développement de l’AIBSI– est cité comme un élément fort pour ancrer localement la feuille de route du CNRS.

Trois ambitions sont clairement affichées. En premier lieu, la stratégie du CNRS entend s’appuyer sur la recherche concernant le patrimoine naturel des territoires. Dans le langage des scientifiques, ceci s’exprime comme la volonté de mieux étudier la résilience et l’adaptation des socio-écosystèmes intertropicaux, qu’ils soient insulaires, pour la majorité des territoires, ou amazonien pour la Guyane, face au changement global. Ces enjeux sont devenus partout prioritaires et peuvent être particulièrement prégnants dans les outre-mer. Anne Renault a en effet rappelé que la population dans chacun des territoires ultramarins peut être comparée en nombre à celle de gros départements métropolitains. Or, ces territoires concentrent des problématiques : la présence de volcans, l’exposition aux phénomènes météorologiques extrêmes, la vulnérabilité d’un littoral omniprésent sont quelques exemples. La seconde ambition de la feuille de route est bien de faire une science avec et pour les sociétés ultramarines, en privilégiant la concertation avec les acteurs régionaux et les universités. Sur ce point, le CNRS rappelle sa force de nucléation pour créer par effet de levier des dispositifs autour de ses infrastructures nationales labellisées qui offrent de robustes modèles pour cadrer l’action sur le terrain. Pour la Guyane, il s’agit par exemple de la station de recherche des Nouragues fédérée dans un réseau de station de recherche en écologie, de l’observatoire Oyapock fédéré dans un réseau d’observatoires hommes-milieux, ou bientôt d’une Zone atelier qui facilitera la fédération d’acteurs académiques ou plus largement issus du milieu socio-économique. Enfin, la troisième grande ambition affichée est celle du rayonnement international depuis les bassins ultramarins, évoquée plus haut.

Quelques questions s’attachent à la bonne conduite de cette feuille de route, dont la question de l’attractivité de la recherche outre-mer et de son coût. Sur ce point, qui concerne évidemment l’ensemble des établissements scientifiques, Anne Renault a annoncé l’ouverture prochaine d’un groupe de travail interministériel auprès de la Direction générale de la Recherche et l’Innovation du ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur. Les conclusions permettront l’accompagnement à juste hauteur des ambitions portées par cette feuille de route Outre-mer.

+ d’info : Voir article de présentation de la feuille de route Outre-mer du CNRS (CNRS info, juin 2023)

Texte et photos : Gaëlle Fornet