Diasporas et Réseaux transnationaux de circulations de plantes : nouveau projet du LEEISA.

13 mai 2020 par Administrateur
Le projet DiaspoRes porté par Guillaume Odonne, chargé de Recherche au LEEISA, a été sélectionné dans le cadre d'un soutien du CNRS au renforcement de l'interdisciplinarité. Le projet s'intéresse au rôle des diasporas dans la circulation transnationale de plantes à fort intérêt culturel.
Plantes médicinales vendues dans une boutique haitienne du quartier de Little Haïti à Miami (USA)

De nombreux groupes culturels ont noué des liens très profonds avec le monde végétal. Pour des raisons alimentaires, médicinales ou rituelles, certaines plantes sont définies comme étant des espèces culturellement importantes (cultural keystone species). Les diasporas, au cours de l’histoire, ont souvent été accompagnées par des échanges de végétaux. Aujourd’hui, ces phénomènes s’observent toujours et ces échanges peuvent être de nature commerciale ou non, et parfois en marge de la légalité.

Etudier ces faits est d’autant plus intéressant que certains végétaux peuvent être à l’origine d’invasions biologiques, créant des dérèglements environnementaux dans le lieu d’importation. Sur le sujet, il y a essentiellement deux perspectives qui se dessinent : celle qui met les humains au centre de la recherche et celle qui s’intéresse avant tout aux plantes.

Le parti pris de l’ethnobotanique est de réconcilier ces deux approches. Cette discipline vise ici à retracer l’origine géographique des espèces végétales utiles et de documenter les réseaux d’échanges liés aux mouvements migratoires, choisis ou imposés, passés ou présents. À l’interface entre l’anthropologie, l’écologie, la biologie, la géographie et même la biologie moléculaire, l’ethnobotanique requiert une forte interdisciplinarité.

C’est justement pour répondre à ce besoin que Guillaume Odonne [1], ethno-écologue, s’est associé avec Audrey Bochaton [2], géographe de la santé, Lucie Dejouhanet [3], spécialiste en réseaux d’échanges et filières de circulation des plantes, Marc-Alexandre Tareau [4], anthropologue et Tinde van Andel [5], ethnobotaniste et écologue tropicale. Ensemble ils étudieront comment des groupes diasporiques se sont adaptés à de nouveaux contextes culturels et environnementaux et quels sont les réseaux mis en place pour réponde à leurs besoins en plantes. De plus, ils proposent d’établir une liste d’espèces d’intérêt culturel particulier, dont il faudra compléter les études des dynamiques de population à l’aide de la biologie moléculaire.

Pour atteindre leurs objectifs, ils réaliseront des entretiens ethnobotaniques avec des populations des trois Guyanes (Guyane française, Guyana et Suriname). En effet, esclaves africains, travailleurs libres indiens, chinois et javanais, réfugiés hmongs et haïtiens, ont convergé dans ces territoires fortement marqués par leur histoire coloniale.

+ Voir l’article complet « Palmarès des 80PRIME 2020 : 6 projets pilotés par l’INEE décrochent un financement » sur le site de l’INEE/CNRS

[1] Guillaume Odonne est chargé de Recherche au CNRS, Laboratoire Écologie, Évolution et Interactions des Systèmes Amazoniens (LEEISA), UMR 3456 (CNRS-UG-Ifremer) Cayenne

[2] Audrey Bochaton est maître de conférences au Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS), UMR7533 (CNRS-Paris 1-Paris 10) Paris-Nanterre

[3] Lucie Dejouhanet est maître de conférences en géographie, Université des Antilles

[4] Marc-Alexandre Tareau est attaché temporaire d'enseignement et de recherche, Université de Guyane

[5] Tinde van Andel est chercheuse au Naturalis Biodiversity Center, Leiden.

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