Les chantiers volontaires des Nouragues

13 mai 2022 par Administrateur
Fin mars et début avril, huit jeunes étudiants et contractuels du LEEISA ont pu découvrir la station des Nouragues dans le cadre des chantiers d'assistance technique auprès des chefs de camp. Une expérience aussi inoubliable pour eux qu'utile pour la station.
Arrivée des volontaires à Saut Pararé. Ils aideront Wemo, l’un des chefs de camp, à démonter les passerelles vétustes.

Volontaire pour vous rendre dans la station de recherche des Nouragues ? Forcément oui ! Cette alléchante proposition en intéresse plus d’un : qui ne souhaiterait pas visiter la célèbre station, au cœur d’une réserve naturelle, réputée pour les travaux qui y sont menés sur la biodiversité et les écosystèmes forestiers tropicaux ? Et bien cela peut devenir réalité pour les jeunes (ou moins jeunes) recrues du LEEISA qui séjournent au laboratoire le temps d’un stage ou d’un volontariat civil, d’une thèse de doctorat ou d’un contrat de projet. L’occasion leur est en effet donnée de visiter la station des Nouragues dans un échange gagnant-gagnant : leurs bras et leur bonne humeur contre une part de rêve. Car il ne s’agit bien entendu pas de s’offrir, sur un temps en principe dévolu au travail, des vacances farniente pour écouter grenouilles et singes hurleurs ou regarder pousser les arbres. Non. Ici il s’agit avant tout de fournir une aide précieuse pour les ardus travaux techniques d’entretien qui doivent être régulièrement entrepris sur la station.

Grâce à ce coup de main bienvenu, les chefs de camp ont pu mener à bien, sur une semaine, le démontage de passerelles vétustes sur le site de Saut Pararé et la réparation de la turbine du camp Inselberg, tout en assurant le relevé des filets collecteurs de feuilles pour le suivi permanent des parcelles forestières. En contrepartie, les volontaires vivent une expérience unique qui leur donne l’occasion de découvrir l’environnement et l’ambiance du mythique camp de recherche du CNRS.

Effet Whaoo

Quelques phrases suffisent à comprendre l’effet produit : « Une chance inouïe que je ne pensais pas avoir un jour, mon stage portant sur les poissons marins » nous dit Sabine, stagiaire Ifremer au sein de l’équipe EDYLIC « C’est une case cochée à vie, une expérience hors du temps où l’on réalise à quel point on est petit et que l’on fait partie d’un ensemble qu’est la Terre ». « C’était impressionnant de se rendre compte de l’organisation énorme pour gérer ce type de station » retient pour sa part Raphaël, doctorant en biologie au sein de l’équipe EEBA, qui a testé avec beaucoup d’intérêt l’aller en hélicoptère et le retour en pirogue « mais niveau sécurité, je ne me suis pas du tout senti isolé ou en danger, [sur place] les layons sont très bien indiqués et facilement praticables ». Il a également apprécié de pouvoir partager sa passion naturaliste avec des chercheurs et les chefs de camps présents. Léa, qui réalise un stage sur la méiofaune des mangroves au sein de l’équipe EDYLIC a « adoré pouvoir toucher à des choses qui sortent totalement de [son] domaine d’étude et de pratique, comme la réparation de la turbine électrique ». « A tous les niveaux, ce séjour aura été vraiment fort et enrichissant » ajoute-t-elle en évoquant « le privilège » de se fondre parmi la flore et la riche faune des Nouragues.

Du côté des chefs de camp, les commentaires recueillis ne manquent pas de souligner le sérieux des stagiaires : « tous très courageux, ils ont très bien travaillé » nous dit Wemo, chef de camp à Saut Pararé, tandis que Florian, chef de camp à Inselberg souligne la très bonne ambiance du séjour et son souhait de voir l’expérience plus souvent renouvelée.

Il faut dire que l’idée, portée par Nina Marchand, ingénieure-cheffe de camp aux Nouragues a parfaitement trouvé son opportunité au sein du laboratoire. Discutée lors de l’organisation de l’Assemblée générale du LEEISA sur la station des Nouragues, en septembre 2018, elle a été mise en œuvre une première fois en 2019, juste avant le Covid, puis suspendue sous la contrainte sanitaire, avant de revenir cette année.

Renforcer la cohésion du laboratoire

Depuis la création du laboratoire, en 2016, la nécessité de créer des évènements de cohésion qui faciliteraient la circulation et la mixité des agents rattachés aux différentes équipes et sur des thématiques parfois très éloignées – entre mer, forêt primaire ou question des circulations transfrontalières – s’était imposée. Outre les Nouragues, le laboratoire a ainsi eu l’occasion de se déplacer en assemblée générale à Oiapoque au Brésil en 2017, ou encore à Awala-Yalimapo dans l’Ouest guyanais en 2018, offrant autant d’occasions pour les uns et les autres de découvrir les travaux et sites d’études de leurs collègues. La découverte d’une autre science est un puissant ferment d’interdisciplinarité qui facilite la conception transversale des recherches, une pratique au cœur-même du projet scientifique du LEEISA.

Les chantiers volontaires des Nouragues sont une facette de ce processus, qui permet à de jeunes scientifiques de découvrir en action la diversité des thèmes de recherche abordés au sein d’un même laboratoire. Une formation des esprits que le LEEISA s’honore de pouvoir proposer.

Participation des volontaires aux suivis forestiers permanents
Opérations d’entretien et réparation sur la turbine électrique

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