Les conférences de Montabo : nouveau cycle d’animation scientifique en Guyane

Le cycle de conférences se tiendra en routine les premiers lundis du mois, à la salle de réunion du bâtiment A du centre IRD, de 10h. à 12h.

Date de la première conférence : le lundi 6 avril 2020, de 10h. à 12h. [ATTENTION : REPORTÉ / COVID-19]

Titre de la conférence : Mécanismes évolutifs expliquant la haute diversité de colorations chez le papillon Heliconius numata

Résumé de la conférence : Alors que la diversité biologique se perd à un rythme alarmant, un papillon mimétique d’Amazonie révèle un mécanisme sélectif qui peut conduire à une riche diversité adaptative. Chez ce papillon toxique et de couleurs vives, plusieurs formes sont maintenues au sein d’une même population, chacune imitant avec précision un papillon d’une autre espèce. Une telle diversité n’est pas attendue, car la sélection par les prédateurs favorise le maintien d’un seul patron de coloration.

Lors de ce séminaire, Mathieu Chouteau présentera comment la fascinante interaction entre l’architecture génomique de la coloration des ailes, l’effet de la prédation par les oiseaux, l’effet des comportements d’accouplements et, finalement, comment la présence de maladies génétiques, stimulent la diversité adaptative et le mimétisme.

Dans un second temps, il présentera succinctement le Centre de Recherche de Tarapoto, qu’il a bâti au Pérou, et qui a été essentiel aux succès des travaux présentés.

Il terminera sur une présentation de la toute nouvelle Plateforme d’Étude Expérimentale Amazonienne (PLEEA) à Cayenne : un outil guyanais dédié à la compréhension et la valorisation de la biodiversité amazonienne dans un contexte de pression anthropique toujours croissant.

La conférence sera accessible en visioconférence (***lien à venir***)

Une des serres du dispositif PLEEA (Plateforme d’étude expérimentale amazonienne) développé par Mathieu Chouteau sur le campus de Montabo à Cayenne

Crise du Covid-19 : Aux Nouragues, une belle au bois dormant.

Des carbets sur le camp de Saut-Pararé, station scientifique des Nouragues. Une belle au bois dormant… L’image est facile. Infiniment plus que la réalité d’une action de mise en sommeil mi-mars d’une station scientifique en plein pic d’activité, au cœur de la forêt amazonienne de Guyane.

Mi-mars, alors que le vent mesquin du Covid forci sur la France, la Guyane semble encore épargnée, à ses 8000 kilomètres du continent européen et toujours en phase 1 de la pandémie. La triste météo nationale domine pourtant, et chacun sent venir le confinement. Le lundi 16 mars, tous les établissements de recherche relayent les directives préparatoires à la mise en œuvre du télétravail et des plans de continuité d’activité, suspendus aux décisions administratives qui ne tarderont pas à tomber. Le confinement pour le lendemain midi, 17 mars, est acté en Guyane à 16 heures. Il est 20 heures en métropole et le président Macron vient d’en faire la déclaration au Journal télévisé de France 2.

16 heures un lundi, en pleine journée de travail donc, pour la Guyane. Il est possible dès lors de confirmer le branle-bas dans les laboratoires. Ces petites heures d’avance auront peut-être été précieuses pour réussir le « plan de continuité d‘activité » du LEEISA, unité mixte de service et de recherche du CNRS (1) qui sous la houlette de son actuel directeur Vincent Goujon gère des plateformes de service scientifique dont la célèbre station des Nouragues, au profit de la recherche internationale en écologie tropicale et sur la biodiversité amazonienne.

A 16 heures en Guyane, il fait encore jour, même si sous le couvert forestier des Nouragues la lumière décroit déjà. Le confinement est donc acté, et avec lui l’évacuation de la station, décidée dès 15 heures dans le signal amont des annonces présidentielles. Tout doit aller très vite car l’évacuation est ordonnée pour 9 heures le lendemain matin, mardi 17 mars pour un ordre de confinement national entrant en vigueur à midi. Un hélicoptère est mobilisé car le niveau du fleuve est exceptionnellement bas en ce mois de mars pour assurer les rotations de retour en pirogue dans de bonnes conditions.

Gestes barrières et confinement en pleine Amazonie

Sur place, ils sont vingt-trois, scientifiques – botanistes et herpétologues – logisticiens et techniciens de station. Les deux camps, Inselberg au pied du mont rocheux éponyme, et Pararé, le long du fleuve Arataye, sont occupés. Parmi les scientifiques, quinze sont anglophones, et, outre les français, sept nationalités sont représentées. Colombie, Etats-Unis, Finlande, Syrie, Lituanie, Pérou, Autriche. Ceux qui sont ici à étudier, depuis la forêt des Nouragues, la biodiversité amazonienne, viennent de loin. La première question est alors de savoir comment rapatrier ces visiteurs, tandis que les annonces de fermeture de frontière et d’annulation des vols tombent les unes après les autres. Au LEEISA à Cayenne, l’équipe est sur le pont pour chercher des solutions.

Salle de bain sur la station des Nouragues. De remarquables commodités aident au respect des gestes barrières, mais il reste complexe de les observer tandis que le fonctionnement de la plateforme scientifique forestière d’Amazonie repose sur la cohésion de groupe et la participation de tous aux tâches communes.

C’est un changement radical de préoccupation, puisque les jours précédents, en prévision d’arrivées de nouvelles équipes scientifiques, puis d’un éventuel confinement de quelques jours un temps imaginé sur la station, l’heure était à gérer l’approvisionnement dans les supermarchés aux rayons déjà clairsemés et auprès des fournisseurs locaux dans le cadre des circuits-courts d’approvisionnement (2).

De fait, toute cette activité est stoppée nette. Les courses resteront au bureau. Les commandes auprès des fournisseurs de la bourgade de Régina sont annulées, et tout le monde se convertit au nouveau mot d’ordre : « évacuation ».

Les services parisiens, au siège du CNRS, dont dépend le LEEISA sont mobilisés pour le conseil, la prise de décision et la gestion de ce qui se profile bien comme une crise, prenant de court les options envisagées et mesures déjà appliquées en considération des signaux avant-coureurs. Telle la réunion annuelle du réseau RenSEE, qui rassemble les stations de recherche en écologie du CNRS, qui devait se tenir du 16 au 20 mars sur la station des Nouragues. Elle avait été annulée mi-février du fait des sombres prévisions concernant les transports internationaux. Les nouvelles arrivées sont suspendues depuis quelques jours pour préserver un pseudo-confinement sur la station, éloignée de tout centre urbain. Depuis le premier discours du président Macron le jeudi 12 mars, chacun s’est familiarisé avec la notion de gestes barrières. Dans cet environnement incongru des Nouragues, où la vie quotidienne repose sur la cohésion et l’entraide de proximité – pour la cuisine, les protocoles scientifiques et la sécurité des camps – ils ne sont pas faciles à mettre en pratique. S’ils ont été observés, il s’agissait surtout de s’entraîner dans une perspective lointaine de retour à une vie sociale plus commune. C’est à présent dès demain que chacun devra les appliquer.

Les occupants des deux camps sont briefés en toute transparence sur les nouvelles mesures qui se profilent, dans l’attente du discours officiel du président Macron, à 16 heures. Pour communiquer entre camps, distants de 8 kilomètres, un outil de messagerie instantanée est préféré à la radio dont les fréquences pourraient être interceptées par les foyers d’orpaillage illégal qui grignotent la vaste forêt de Guyane et la gangrènent jusque dans ces espaces protégés. La réserve naturelle des Nouragues, au cœur de laquelle est implantée la station, n’est pas épargnée. Si un relatif équilibre sécuritaire est tacitement mis en œuvre par tous les travailleurs des bois, c’est un risque qui demeure que de laisser les camps scientifiques vides d’occupants. Le plan de continuité d’activité doit en tenir compte.

Dans la frénésie communicationnelle entre camps et base arrière, le téléphone satellite se révèle encore un outil précieux car le réseau internet des Nouragues fait ce jour-là des siennes. Sa réparation était programmée ; elle attendra. On se débrouille dans l’instant avec les faibles barres qui veulent bien s’activer.

Deux heures devant soi pour désactiver les protocoles scientifiques

A 16h30, l’annonce d’évacuation est officielle. Tout le monde est maintenant à pied d’œuvre pour désactiver les protocoles scientifiques en cours. Il s’agit par exemple de récupérer les trackeurs installés sur les dos des Allobate femorale, de petites grenouilles typiques de la forêt guyanaise, suivies dans la durée par l’équipe autrichienne. Il faut réaliser les relevés des données environnementales, ranger le matériel scientifique, les carbets labos. Quand il fera trop nuit, une dernière heure sera consacrée au pliage des paquetages personnels. A 19 heures et quelques minutes, c’est fait. Tout est plié. Cet exploit est le fait d’une organisation quasi militaire peu familière des milieux scientifiques, qu’il faut ici souligner.

Après un briefing téléphonique entre les deux camps pour s’assurer que l’organisation à camp Inselberg est menée en miroir de camp Pararé et échanger les informations sur l’organisation du lendemain matin, un dernier repas est partagé dans cette ambiance si particulière. On en profite pour faire le point sur l’avancée des équipes à Cayenne. Logements de confinement, rapatriements, les choses ont avancé aussi en base arrière. Des solutions sont trouvées, ou se dessinent, qui contribuent à alléger l’ambiance anxiogène que tous, aux Nouragues comme ailleurs dans le monde, partageons à cet instant précis.

Les heures agitées laissent place à un peu de calme. Après l’extinction des feux, le discours podcasté du chef de l’Etat est écouté religieusement en station. Chacun peut prendre, là au milieu des bruits de la nuit tropicale, la mesure de ce qui se joue à l’échelle française et planétaire. Nina Marchand, la cheffe de camp, est la dernière à se coucher. Il est alors 2 heures du matin. La nuit sera courte, pour tous.

Tout le monde sur la DZ à 9 heures, sacs fermés !

On se lève tôt sur la station, les oreilles pleines du cri rauque des singes hurleurs. On range son hamac, sa touque. On se prépare au départ, on fait les dernières vérifications : les poubelles sont vidées ? Tout le monde a ses papiers ? « Tout le monde doit être prêt, sac fermé, sur la DZ à 9 heures », annonce Nina. Cette heure résonnera comme le « go » de l’évacuation. A Cayenne en base arrière, Elodie Courtois, la directrice technique adjointe de la station, a déjà fait imprimer les autorisations de déplacement pour les évacués des Nouragues. Dernier point radio entre les deux camps : Wemo Betian, chef de camp à Inselberg, et Nina sur camp Pararé confirment que tout le monde est prêt. Tout est clair pour le transporteur hélicoptère. L’opération peut commencer.

L’évacuation se déroule en cinq rotations entre Cayenne et les Nouragues, sur toute la matinée et une partie de l’après-midi. Les circonstances sont exceptionnelles, il faut aller vite car bien d’autres choses sont à régler à l’arrivée, concernant le confinement et le rapatriement des scientifiques étrangers. La base arrière à Cayenne prend alors le relais, Philippe Gaucher et Patrick Châtelet sont à la manœuvre pour récupérer les agents à leur descente d’hélicoptère et les orienter vers les différentes solutions aménagées pour eux. Certains resteront confinés à Cayenne quelques jours, d’autres pourront prendre l’avion dès le soir même. Finalement, une partie fera le choix de se confiner sur place en Guyane, dans la durée, où la sécurité semble assurée tandis que la situation sanitaire mondiale autant que les transports aériens paraissent bien incertains.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, la Guyane est en stade 2 de l’épidémie avec une situation stabilisée autour de quelques 140 cas confirmés. La sortie progressive du confinement est annoncée pour le 11 mai. Les agents du LEEISA, comme tous les travailleurs de France exemptés de combattre « au front » sont en télétravail ou en autorisation d’absence. La station des Nouragues est fermée jusqu’à nouvel ordre. Confinée, l’équipe (3) travaille à distance sur la maintenance de la station, la reprogrammation des activités, les agendas futurs, la prise de nouvelles et le maintien du lien auprès des confinés.

Aux Nouragues, les grenouilles poursuivent leurs migrations, les singes roux continuent à hurler à l’aurore. Ils sont une part des esprits de la forêt qui veillent sur la belle endormie.

Rédacteur : Gaëlle Fornet, sur une chronologie retranscrite par Nina Marchand, cheffe de camp aux Nouragues pendant l’évacuation.

Dernière photo de groupe avant l’évacuation de la station des Nouragues le 17 mars 2020. Les deux camps réunissent alors 23 scientifiques et techniciens de station. Outre les français, sept nationalités sont représentées.

Covid-19 : le CNRS se mobilise en Guyane

L’Agence Régionale de Santé Guyane (ARS Guyane), le Centre Hospitalier de Cayenne Andrée Rosemon (CHC), le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) et la Collectivité Territoriale de Guyane (CTG) ont entériné une convention de partenariat, ce lundi 15 juin 2020, afin de piloter la montée en charge de la politique de tests Covid19 en Guyane. 

Le premier objectif de cette convention est de doubler la capacité d’analyse du centre hospitalier de Cayenne. Dans ce cadre, Le CNRS met à disposition du CHC un chercheur* en génétique moléculaire pour renforcer les effectifs de son laboratoire de biologie médicale.

Le second objectif de la convention est d’entériner un partenariat entre la CTG et le CNRS pour accompagner le laboratoire du CNRS, sur le centre de recherche de Montabo, dans deux axes en lien avec l’ARS.

Tout d’abord, il s’agit de développer une stratégie de prélèvements environnementaux, dans les eaux usées de divers milieux urbains et périurbains de Guyane, permettant de réaliser quotidiennement une cartographie Covid pré-symptomatique. Visant l’acquisition d’une machine d’analyse génomique en PCR pour le Centre de recherche de Montabo, le partenariat signé ce matin s’inscrit dans un projet scientifique plus large porté par la chercheuse Marine Combe de l’IRD concernant l’épidémiologie environnementale du Covid19 en Guyane.

Ensuite, il s’agit d’être prêt à répondre à une montée en puissance prévisible de la politique de test en Guyane au regard de la cinétique de l’épidémie.

Les partenaires de la convention s’engagent par ailleurs  à poursuivre le développement en solutions permettant de renforcer la capacité de prélèvement et la capacité d’analyse des tests Covid. 

Signataires de la convention : 

  • Rodolphe Alexandre, président de la Collectivité Territoriale de Guyane 
  • Clara de Bort, directrice générale de l’Agence Régionale de Santé de Guyane 
  • Christophe Robert, directeur du Centre Hospitalier de Cayenne 
  • Vincent Goujon, directeur du Laboratoire du Centre National de la Recherche Scientifique 

+ d’info : CP diffusé par l’ARS 

+ Dans la presse : voir le sujet de FranceTV/GuyanePremière

+ Dans la presse : voir le sujet du journal France Guyane

Chez des papillons, la diversité des motifs colorés tient à leur fardeau génétique

Le papillon amazonien toxique Heliconius numata, dont le motif coloré est connu des prédateurs comme un signal d’avertissement.

[Actualité CNRS-InEE] Différents individus d’une population expriment parfois des types comportementaux ou morphologiques bien distincts, dus à la variation simultanée de plusieurs caractères. Génétiquement, ces types bien contrastés reflètent souvent des changements dans la structure des chromosomes, parfois très anciens. Mais pourquoi ces types persistent-ils ainsi sans que l’un finisse par s’imposer ? Une équipe de chercheurs issus du Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE – Univ Montpellier/CNRS/EPHE/IRD/Univ Paul Valéry Montpellier 3), du Laboratoire écologie, évolution, interactions des systèmes amazoniens (LEEISA – Univ De Guyane/CNRS/IFREMER), de l’Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité (ISYEB – MNHN/ CNRS/UPMC/EPHE/Sorbonne Université), du Biocampus Montpellier (Univ Montpellier/CNRS/INSERM) et de l’Université d’Auckland (Nouvelle-Zélande) a percé ce mystère en étudiant les couleurs des papillons tropicaux. Leurs travaux, parus dans la revue Nature Genetics, ont révélé que les changements chromosomiques qui déterminent des colorations mimétiques très avantageuses sont associés à un véritable fardeau de mutations délétères, ce qui les empêche d’évincer complètement les colorations moins avantageuses, au fil des générations. Cette étude montre que la diversité des adaptations, et leur maintien à long terme, s’explique en partie par leurs effets indésirables associés.

> Lire la suite de l’actualité sur le site de l’InEE/CNRS

Le projet EPI-COV salué

Le programme EPI-COV avait été lancé très rapidement dès le début de la crise sanitaire en mars 2020, s’appuyant sur des compétences locales : analyse génétique au sein du LEEISA et épidémiologie à l’IRD. Un appel à projet régional a permis de financer en partie les travaux et d’équiper le laboratoire du campus de Montabo à Cayenne d’un analyseur RT-qPCR, appareil pouvant également participer aux campagnes de dépistage massif par tests naso-pharyngés.

Cette mobilisation du CNRS/IRD a été saluée en marge du point épidémiologique du CST du lundi 01 février 2021. « Ce travail remarquable sur la détection dans les eaux usées de Guyane de matériels génétique Covid-19 permet dès à présent de se faire une idée sur la propagation du virus sur le territoire guyanais », précise le CST. « Ces travaux doivent dorénavant, de concert avec les services de l’ORSG, permettre à la Guyane de disposer d’éléments prédictifs propres à guider l’action de l’exécutif dans sa gestion épidémique ».

Renforcement de la capacité de séquençage en Guyane

Le Comité scientifique territorial a par ailleurs lors de cette séance recommandé le développement des techniques de séquençage en Guyane, afin d’être à même de suivre l’apparition de variants. Il a encouragé les institutions et les laboratoires du territoire à être porteur de projets dans le développement de moyens endogènes, ces projets pouvant trouver leur place dans le cadre de financements européens dédiés.

+ Lire le CR du CST du 01/02/21 (site de la CTG)
+ Voir la fiche projet EPI-COV

Rencontres au sommet de la forêt tropicale en Guyane

[Extrait : The Conversation] Au Muséum national d’histoire naturelle, nous avons entrepris plusieurs expéditions scientifiques qui visent à réaliser un inventaire de la diversité faunistique de la forêt en Amazonie guyanaise. De nombreuses espèces de mammifères et d’oiseaux y visitent les plantes pour se nourrir de leurs fruits, certaines contribuant à la dispersion des graines, donc à la régénération et à la bonne santé de l’écosystème et des hommes qui en dépendent.

Dans le cadre des recherches de l’Observatoire Hommes-Milieux Oyapock du CNRS, nous avons entrepris en 2013 d’analyser comment les activités humaines affectent la diversité et le fonctionnement de la forêt proche des corridors écologiques le long de la nouvelle Route Nationale 2 (RN2).Longue de 80 km entre les communes de Régina et de Saint-George-de-l’Oyapock, ouverte en 2003, la RN2 permet aujourd’hui de se rendre au Brésil en empruntant le pont construit en 2011 au-dessus du fleuve frontalier. Ces deux infrastructures ont pour objectif de permettre de désenclaver l’Est guyanais tout en favorisant les échanges économiques entre le département français de la Guyane et l’état de l’Amapa, au Brésil.

La RN2 offre de nouvelles opportunités d’accéder à un massif boisé auparavant éloigné des zones habitées, isolé et donc relativement protégé […+ Lire la suite sur The Conversation]

+ Voir sur Youtube les trois épisodes associés, de la websérie « Sur les traces de la Biodiversité Guyanaise » produite par le Parc zoologique de Paris.

Papillonite Guyane : un nouveau projet scientifique qui s’appuie sur les sciences citoyennes

Appel aux écoles et aux familles ! Mesurer des arbres et créer des leurres pour observer l’attaque des chenilles : Le LEEISA et le LabEx CEBA proposent deux projets de sciences participatives amusants pour tous, petits et grands. Des explications détaillées vous guideront dans les différentes étapes, et vous pourrez ensuite transmettre vos observations aux scientifiques qui les ajouteront à leurs propres observations.

Ces expériences à portée de tous s’inscrivent dans le cadre d’un vrai projet scientifique, financé par la mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires MITI du CNRS, et inscrit dans les défis Ecologie de la Santé 2020. Il s’agit du projet PAPILLONITE : Papillon de cendre, agent de la papillonite : Écologie et interaction avec l’homme, porté par Mélanie McCLURE de l’équipe EEBA du LEEISA.

Pour en savoir plus sur la science participative dans le projet :
+ Site du projet Papillonite Guyane
+ Site du CEBA

Pour en savoir plus sur le projet scientifique :
+ Présentation à la journée du défi Ecologie de la Santé 2020

Démarrage d’une thèse sur l’évolution de la transparence en milieux terrestres

La transparence a évolué chez de nombreux organismes aquatiques, tels les calmars, les crevettes et les poissons, mais aussi chez des animaux terrestres, tels les papillons, les escargots, et les grenouilles. Cette thèse, a pour objectif principal d’étudier les divers facteurs écologiques et environnementaux, impliqués dans l’évolution de la transparence en milieux terrestres. Pour cela, nous allons nous appuyer sur des organismes modèles que sont les papillons de la tribu des Ithomiini.

+ Lire la suite sur le site du LabEx CEBA

A Cayenne, une rencontre de 3ème type entre des fleurs et des papillons

Fleurs-mangeoires numériques fabriquées par les élèves de la classe CM de l’école de Cacao pour le projet de pédagogie scientifique Fleurs 3D

Le projet Fleurs 3D engage six classes de niveau primaire, cinq situées en métropole et une en Guyane. Les chercheurs Mathieu Joron du CEFE à Montpellier, et Mélanie Mc Clure, du LEEISA à Cayenne, ont généreusement accepté d’en être les référents scientifiques et de donner un peu de leur temps pour assister les élèves dans la conduite de leurs protocoles scientifiques, installés dans les serres du campus de Montabo à Cayenne.

Après avoir posé la problématique des interactions dans la nature, les élèves ont choisi le modèle de l’attractivité des fleurs sur les papillons, qui viennent s’y nourrir, pour tenter de comprendre quels facteurs pouvaient entrer en jeu. Ils ont élaboré plusieurs hypothèses : forme des fleurs, couleur, texture, taille, nombre de pétales sont des caractéristiques qui sont apparues pertinentes à tester. Chaque classe en a sélectionné une et a développé son protocole d’expérimentation avec l’aide de l’outil numérique. A partir de modèles informatiques de fleurs, les élèves, véritables petits « makers » œuvrant dans l’esprit fablab, ont imprimé des exemplaires de fleurs en 3D destinés à être installés comme mangeoires dans les serres du campus de recherche de Montabo, où sont élevés les papillons du genre Heliconius.

Les modèles fabriqués par les différentes classes vont être installés pour la conduite des expériences, entre mi-mai et mi-juin. Une demi-journée d’expérience est réservée pour chaque caractéristique à tester. Les expériences vont être filmées et pourront ainsi être analysées, à distance, par les élèves qui auront tout loisir de vérifier leurs hypothèses et déduire les conclusions.

Cette expérience s’inscrit parfaitement dans la pédagogie d’initiation à la démarche scientifique promue par la fondation « La Main et la pâte » et son correspondant régional, la Maison pour la Science de l’Université de Guyane.

+ Site web du projet

Le cours moyen de l’école primaire de Cacao engagé dans le projet Fleurs3D visite les serres à papillons du campus de recherche de Montabo, le 13 mai 2022.
Le cours moyen de l’école primaire de Cacao engagé dans le projet Fleurs3D visite les serres à papillons du campus de recherche de Montabo, le 13 mai 2022.